Au moyen Age, le comté du Maine était une région frontière convoitée par les comtes d'Anjou et les ducs de Normandie.
Les premières mentions de la forteresse Castellum Lidi [Château-du-Loir] remontent à 1014. Le premier seigneur connu est Aimon. Le château tient une position frontière entre Maine, Anjou et Touraine. Ses défenses les plus rapprochées se trouvent à Coëmont, Courcillon, St-Pierre-de-Chevillé et le Gué-de-Mézières (la motte).
Au cours du XIème siècle, le seigneur de Château-du-Loir complète sa défense par d'autres châteaux : La Chartre-sur-le-Loir, Mayet, la motte de Haute Perche (à Laillé), Lucé, Outillé…
Le territoire de la seigneurie s'étend sur tout le sud-est du Haut Maine (approximativement le département de la Sarthe actuelle) ;
A la fin du XIème, 12 barons doivent la garde du château deux mois par an et 52 vassaux doivent soit la garde soit un autre service. Les fiefs les plus éloignés sont La Suze, Mondoubleau et Saint Calais et, au sud, Semblançay.
A la fin du XIIème, le Maine comptait 4 sénéchaussées (divisions administratives) ayant pour sièges, Le Mans, Laval, Mayenne et Château du Loir.
Le Maine devient une partie de l'empire Plantagenêt avant d'intégrer au XIVème siècle le royaume de France.
Le château ne sera plus habité que par le représentant du roi ou du haut personnage à qui est confiée la seigneurie. Fin XVème, il est en partie ruiné et sera rasé en 1750 au moment de la construction de la route royale Le Mans - Tours.
La seigneurie a perdu son rôle défensif. Les agents royaux transforment Château-du-Loir en un centre administratif qui gagne en importance jusqu'à la Révolution.
La ville est à la fois
• siège royal (composé d'un lieutenant-général, d'un lieutenant criminel, d'un assesseur, de six conseillers, d'un avocat du roi, d'un procureur du roi, d'un substitut et d'un greffier…soit 13 cadres administratifs),
• capitale d'une élection (circonscription fiscale - 10 personnes-),
• siège d'un grenier à sel (5 personnes),
• siège d'une maîtrise des Eaux et Forêts (6 personnes).
Les circonscriptions administratives se superposent. L'élection, qui comprend 83 paroisses, donne une idée de leur étendue.
La situation géographique confère un rôle commercial à la région.
Par exemple, les activités liées au textile sont en plein essor au XVIIIème siècle. La ville de Château du Loir elle-même est plus un centre de commercialisation (marchés, foires) qu'un lieu de fabrique. Par contre, de nombreux métiers à tisser sont répartis dans la campagne. Des bordagers, des journaliers, ajoutent à leur travail habituel un artisanat de tisserand pendant la période hivernale. Les toiles (de chanvre) renommées pour leur solidité sont utilisées pour la fabrication des voiles de bateau.
La Révolution entraîne la disparition de l'administration royale. Le département de la Sarthe est créé. Il est divisé en 9 districts. Château-du-Loir est le centre de l'un d'eux qui compte 38 communes, environ 45 000 habitants.
Mais la situation évolue défavorablement : les districts disparaissent et c'est Saint-Calais qui devient chef-lieu d'arrondissement et sous-préfecture.
La signature du Concordat entre Bonaparte et le pape Pie VII entraîne un redécoupage des communes. Une clause du traité oblige les communes à entretenir leur église et à rétribuer leur curé. Les communes peu peuplées ou trop pauvres en sont incapables. C'est ainsi qu'en 1807 la commune de Bannes (450 habitants) est rattachée à Dissay (1250 habitants), Sainte-Cécile (128 maisons) et Quincampoix (environ 50 maisons) à Flée (133 maisons).
La seconde moitié du XIXème siècle est marquée par la volonté des élus locaux de développer les établissements d'enseignement secondaire qui ont une vocation régionale : 1883-84, Ecole Primaire Supérieure ( E.P.S.) de Filles ; 1894, nouvelle E.P.S. de Garçons.
Sur le plan économique, c'est le chemin de fer qui va donner un regain d'importance à Château-du-Loir et aux communes limitrophes, Vouvray-sur-Loir et Montabon. La ville devient un nœud de voies ferrées :
• Le 19 juillet 1858, la Compagnie du Paris-Orléans ouvre la ligne Le Mans-Tours.
• En 1886, l'ouverture de la section Saumur-Château-du-Loir du réseau d'Etat permet une liaison de Paris à Bordeaux.
• L'année 1889 voit la construction d'un dépôt-rotonde pour 10 machines.
Le chemin de fer constitue alors, et de loin, la première entreprise locale. A la « belle époque », l'effectif tous services confondus est estimé à 600 agents.
Alors que le textile artisanal disparaît vaincu par la mécanisation, une autre industrie traditionnelle se développe pendant cette seconde moitié du XIXème : en 1892, la Tannerie Maillard emploie 124 personnes.
A la même époque, 7 ou 8 fabriques de Jupilles emploient 400 « tâcherons » au travail du bois, en particulier à la fabrication des sabots.
Dans l'euphorie du chemin de fer, le Conseil Général ouvre en 1922 une ligne d'intérêt local, un « tramway », qui relie Château du Loir au Mans en passant par Flée, Thoiré, Beaumont, Jupilles… Elle est surtout fréquentée les jours de marché. Il faut 4 heures pour aller au Mans ! Mais cette ligne est rapidement condamnée par l'essor de l'automobile . Elle disparaît en 1933.
Fin des années 20, années 30, années noires pour le contexte économique (et politique…) mondial. La tannerie Maillard ferme (1927), la mécanisation et l'apparition de la botte en caoutchouc donnent un premier coup d'arrêt à la fabrication des sabots, la SNCF nouvellement créée concentre le trafic Paris-Bordeaux par Tours (1938), le dépôt ferme (1945).
C'est la fin des activités qui ont marqué le canton de leur empreinte pendant un siècle.
La décentralisation des établissement industriels à partir de 1958 et dans les années 60 joue un rôle essentiel dans le maintien des activités industrielles dans le canton. C'est une époque de croissance générale de l'économie française.
PROMECAM, ARO, AUDAX, sociétés dont le siège social est dans la région parisienne, créent des unités de production décentralisées.
En 1960, Château-du-Loir reçoit le prix de l'expansion régionale.
L'agriculture, elle aussi, se transforme (mécanisation, concentration, remembrement…). Dans le canton, l'arboriculture fruitière prend son essor : les vergers remplacent d'abord les vieilles vignes plantées après le phylloxéra.
L'expansion économique est accompagnée dans les années 70 et 80 par de profondes mutations commerciales : 2 supermarchés s'implantent et cherchent à capter, bien au-delà des limites du canton, une clientèle qui s'est déplacée un moment vers Le Mans ou Tours.
Les zones artisanales, industrielles, commerciales débordent du territoire du chef-lieu de canton tout comme au XIXème les établissements ferroviaires avaient empiété sur Montabon et Vouvray. Dans beaucoup d'autres domaines que l'économie on ne peut plus raisonner dans le cadre de la commune…
par les communes de Beaumont-Pied-de-Bœuf, Dissay-sous-Courcillon, Flée, Jupilles, Nogent-sur-loir, Saint-Pierre-de-Chevillé, Thoiré-sur-Dinan et Vouvray-sur-Loir.
adhésion des communes de Château-du-Loir, Lavernat, Luceau et Montabon.
Michel BENOIT